Le Monde De Lyli

Le Monde De Lyli

Et si ce n'était pas la fin ?

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3 ans et demi d'allaitement sur la photo

 


Ces moments à nous


Je suis là devant cette feuille blanche, et je savais qu'un jour je serai là, assise à ma chaise de bureau pour écrire ces quelques mots. J'ai redouté ce moment pendant des années. Et aujourd'hui on y est, et ça va. Oui je peux vraiment dire que ça va. Je suis remplie de multiples sentiments, un mélange de tout, de plénitude comme de tristesse. Mais pas le genre de tristesse qui semble insurmontable, non, plus le genre qui amène à la nostalgie, à quelque chose de doux et de paisible. Aujourd'hui je viens conter la fin d'une belle aventure qui aura duré 4 ans et demi. 54 beaux mois.

Des souvenirs plein la tête, des moments de grâces, de joies et d'autres de galères, de doutes, de peurs. Des moments faciles, d'autres plus durs. Mais quoi qu'il arrive : des moments. Des moments à nous. Des moments qui n'appartiennent qu'à nous deux. Des moments que tu ne partageras jamais avec personne d'autre, si ce n'est peut-être avec tes propres enfants, je l'espère. C'est la fin de notre allaitement, mais le début d'autre chose que je conçois aussi beau, et aussi grand.

Beaucoup ne comprendrons pas, je le sais, 4 ans et demi c'est grand. Pour certains c'est trop grand, c'est choquant, révoltant, ça questionne, ça bouscule, c'est contre nature, c'est dégueulasse. Pour qui ? Pour quoi ? Pourtant, il n'y a pas un jour, pas une seconde, pas un moment où j'ai pensé cela quand je t'ai nourri de mon lait et de mon amour. Nous on a toujours trouvé cela normal. Pour nous ça n'a été que la norme. J'ai l'intime conviction d'avoir bien fait, d'avoir vu juste. 4 ans et demi c'est long oui, et encore tout est relatif, mais 4 ans et demi, c'est le temps qu'il te fallait, puisque c'est toi qui a pris la décision d'arrêter. Je t'ai aidé à mener ton aventure, j'ai appris avec toi, tout ce que je sais, c'est grâce à toi. Tu as été mon moteur, mon guide, mon inspiration. Je t'ai écouté, toi et tes besoins. Parce que c'est de cela qu'il est question : tes besoins. J'ai été à l'écoute de cela et juste pour ça je sais que j'ai bien fait. Tu es une petite fille merveilleuse, pleine de vie, trop peut-être ? Et dont la personnalité me fascine et me rend fière. Tu es bien dans tes baskets, sociable, et surtout bavarde comme moi. Tu as une grande sensibilité du cœur et de l'esprit. Tu es douce et affectueuse et en même temps tu as un caractère affirmé.

Je suis contente d'avoir rempli ton réservoir d'amour pour te donner cette chance d'être la petite fille que tu as envie d'être et non pas que je veux que tu sois, que la société veut que tu sois. Ce n'est pas évident, d'être à l'écoute des besoins, des sentiments de ses enfants. C'est difficile de se mettre à genou pour écouter ce qu'ils ont à nous dire. Je l'ai fait, parfois en manquant de patience, mais je l'ai fait, on l'a fait avec ton père. Du moins je l'espère. Et je te demande pardon pour toutes les fois où je n'ai pas réussi, où j'ai fait des erreurs, et pardon pour les fois où j'en ferai encore. J'apprends avec toi. Je ne veux que le meilleur pour toi. La partie la plus simple est derrière nous, j'en ai conscience. Tout reste à venir. Mais je n'ai pas peur, parce que j'ai eu ces 4 ans et demi qui m'ont montré que toutes les deux on faisait une belle équipe.

Je me souviendrai toute ma vie de ces moments à nous. Toi aussi ? Peut-être, peut-être pas, c'est aussi pour ça que je les écris, mais ils resteront au fond de toi, il feront partie de toi, de nous, de notre histoire, de la femme que tu vas devenir, de la mère que je deviens. Ces moments qui t'ont fait grandir, en douceur, ils m'ont aussi fait grandir. J'ai appris à assumer des convictions, envers et contre tous. Je suis ravie d'avoir embarqué beaucoup de monde dans notre histoire, d'avoir ouverts des esprits, élargie le champs des possibles et des possibilités. Ravie d'avoir prouvé qu'on pouvait allaiter et reprendre le travail. D'avoir tirer mon lait pendant 21 longs mois avec ce travail prenant. Ravie d'avoir laissé ma trace dans cette communauté de mamallaitantes. La Leche League, avec des articles sur le site et le magasine. Sur le site de A Tire d'Aile de Véronique Darmangeat et les Seintes de McMaman. D'avoir créer un groupe d'allaitement long (J'allaite un Bambin), de partager des conseils et des astuces. Heureuse d'avoir soutenue des mamans, des familles. Je suis épanouie d'avoir atteint un but, un objectif alors que tu es mon premier enfant. Je suis sereine d'avoir foncé dans cette aventure à l'aveugle et d'en être ressortie avec autant de clarté.

Je vois où cela nous à mener, et j'en suis fière. Je t'ai porté 9 mois, je t'ai accompagné dans ton développement. 4 ans et demi c'est bien. Je n'avais pas de date de fin idéale, mais tu l'as trouvé pour nous. Alors oui, j'ai le cœur gros, parce que c'était des habitudes, des rituels, parce que c'était des moments qu'à nous, uniques et paisibles. Et qu'il va falloir en reconstruire d'autres, ce qu'on fait depuis un petit temps, parce que ce n'était pas juste hier la fin de notre aventure. On le vit bien, franchement bien. Mais comme toute bonne chose, la nostalgie s'installe et elle aussi elle fait grandir. Elle est là pour me rappeler qu'on y est arrivé, que des choses qui me semblent impossibles et insurmontables ne le sont pas finalement. Parce qu'il y a 4 ans et demi de cela, je ne pensais pas une seconde que je serai là, aujourd'hui à raconter nos moments. Ton allergie, ton RGO, tes pleurs, les nuits courtes, bien trop courtes, tout cela aurait pu ruiner cette grande aventure. Mais je t'es fait confiance, et j'ai persévéré, parce qu'il te le fallait. Et je ne me suis pas trompée. On a surmonté tout ça, ça n'a jamais été facile, mais ces moments là sont un rappel à la force et la volonté. J'ai été capable. Et c'est ce que je te dis tous les soirs - de manière générale - avant de dormir : tu es capable.

On est tous capable. Il n'y a pas de problèmes, juste des solutions. Et tu les as trouvé, je les ai trouvé. Notre plus grande force ça a été notre équipe. Parce qu'on a été une véritable équipe avec ton père, qui m'a toujours soutenu. Il a été le plus fort de nous deux, sache le, dans les tous premiers moments, quand je voulais abandonner, il a été là pour me dire que j'étais capable. Et je serai toujours là pour te dire que tu l'es ma fille. Chaque jour, chaque seconde de ta vie. C'est ce que m'a forgé notre aventure.

 

Et si ce n'était pas la fin ?

Et si c'était le début de quelque chose d'encore plus beau ? Je débarque sur une autre page de notre histoire, et je suis sereine, apaisée, fière et comblée. Toutes les valeurs que tu m'as transmise, toute cette ténacité, cette persévération dont tu m'as nourri, j'en suis que plus forte. Tu me permets de vivre des expériences maternelles puissantes et je sais que non, ce n'est pas la fin. Je sais que je traverserai beaucoup de belles choses avec toi. Je t'aime, plus que tout au monde, pour tous les jours de ma vie.

 

Une fête ?

Tu as demandé une fête pour la fin de cet allaitement. De suite j'y ai vu là une occasion de faire de quelque chose d'extraordinaire, quelque chose d'ordinaire. Oui, une fête, comme pour la remise d'un diplôme, un anniversaire, un jour spécial. Tu as voulu inviter tes grands parents, ton parrain, ta marraine et ta meilleure amie. On a tout préparé, tu étais enthousiaste, heureuse. Confiante.

Et quand ton papi t'a demandé : "Pourquoi on est là ? Qu'est-ce qu'on fête ?"
Tout pudiquement tu leur as dit : "Mais vous savez tous pourquoi vous êtes ici".

Oui c'est vrai ma fille, parce que tu ne t'es jamais caché, moi non plus, parce que c'était normal pour nous. Et tous les gens que tu aimais étaient présents. Et quand tu leur as confirmé que c'était pour "La fin du poupou", les applaudissements t'ont touché. C'était un passage, un moment fort et intense. Notre moment. Et j'étais fière de toi.

Je le serai toujours. Je sais que tu iras toujours au bout des choses que tu entreprends, parce que c'est ce que je vais te transmettre.  Parce que c'est ce que tu m'as appris. Je me suis battue pour cet allaitement. Je l'ai écrit dans d'autres articles, on en a bravé des tempêtes, mais je n'ai jamais lâché, pour toi. Je finirai sur une citation d'Agatha Christie qui m'a accompagné tout au long de cette aventure et qui est devenue un crédo.

“L’amour d’une mère pour son enfant ne connaît ni loi, ni pitié, ni limite. Il pourrait anéantir impitoyablement tout ce qui se trouve en travers de son chemin.”

La Maman de Lyli.

 

Quelques photos de ces 4 dernières années.

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Le jour de ta naissance


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A Noël chez la famille

 

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Moments de tendresse à la maison

 

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Tes premières vacances - Dordogne, dans une forêt

 

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Pour t'endormir dans ta chambre


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Un moment parmi des milliers sur le canapé

 

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Un instant de fou rire, comme des milliers qu'on a connu

 

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Avec le coussin d'allaitement que tu n'as voulu quitter qu'à tes 3 ans et demi


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Moment de repos, de câlin, de réconfort


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Ta dernière tété - 28 avril 2017


12/05/2017
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3 ans d'allaitement

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Si on m'avait dit ça il y a 3 ans déjà...

Si on m'avait dit ça il y a 3 ans déjà...
C'est incroyable, nous y voilà 1095 jours d'allaitement, soit 36 mois, 3 années  !
Si on m'avait dit ça il y a 1096 jours... je ne l'aurais pas cru !
Avant ma grossesse je ne pensais même pas à l'allaitement, je n'avais jamais vu personne allaiter, bien que j'ai des amies avec des enfants.
Une fois peut-être, j'ai entendu une amie de mes parents, quand j'étais jeune, parlait d'une position d'allaitement qui s'appelle le Ballon de Rugby (car elle était fan de ce sport), mais c'est tout.

Et me voilà, pour mon premier enfant à l'allaiter depuis 3 ans.
J'avoue que pendant ma grossesse, quand je regardais des reportages sur l'allaitement long, je trouvais ces mères un peu bizarres, je me posais beaucoup de questions.
J'avoue avoir pensé qu'elles devaient être un peu frappées du bocal...
Et puis un jour, je les ai comprises. Je pense.
Aujourd'hui c'est moi la frappée du bocal.

 

L'histoire d'un allaitement


J'ai eu envie pour cet article, pour ces 3 ans, revivre un peu les étapes de mon allaitement.
Sans tabous, sans mentir, vous raconter les hauts et les bas.

Tout à commencer un 10 novembre 2012, dans une clinique.

Est arrivée dans ma vie en 10min de poussée 4kg100 et 53 cm de bonheur.
Tout s'est très bien passé, même l'allaitement débutait bien.
Le tableau s'est noirci quand nous avons donné 3 biberons de lait de vache.
Ma fille s'est mise à souffrir d'un R.G.O interne, de coliques monstrueuses, de soucis digestif.

Des choses bien communes à de nombreux bébés, mais rien ne soulageait ma fille.
Rien mis à part le moment des tétées. Pendant la tétée plus précisément, car juste après elle hurlait jusqu'à épuisement.

J'ai connu en sortant de la maternité 20 tétés sur 24h, les cris, les pleurs, qui exprimaient la souffrance quotidienne de ma fille.

J'ai connu la souffrance - la plus terrible de ma vie - celle de ne pouvoir soulager mon enfant, malgré des traitements mis en place par le pédiatre.
J'ai connu la fatigue, la vraie, celle qui m'a faite entrer dans le burn out maternel, si tabou dans notre société.
Celle qui m'a enlevé la joie d'être maman, parce que je voyais ma vie si noire, si dure, si pénible, à ne dormir que 4h dans une journée, et qu'avec un œil fermé.
A angoisser qu'elle ne s'étouffe avec ses remontées acides dans sa courte nuit.
A subir les remarques, les critiques, les étonnements des gens, de la société.

Je me suis éteinte petit à petit avec le manque de sommeil.
J'ai connu l'envie d'arrêter l'allaitement des dizaines de nuit, parce que j'étais si épuisée que je n'avais envie de rien et que j'étais capable de rien.
J'ai connu l'impression de ne faire que ça (allaiter), et de n'être qu'un sein.
Elle passait son temps au sein, non pas parce qu'elle était affamée - comme on essayait de me faire croire - mais parce que sa souffrance, ses douleurs n'étaient apaisées qu'à mon sein.
Le lait cicatrisait, apaisait sa gorge qui brûlait par ses reflux.

J'ai connu ce raz le bol d'être la seule à pouvoir nourrir mon enfant, à devenir maso car je refusais les biberons de peur de la confusion sein/tétine, ou de la pénurie de lait si je loupais des tétés.
Je refusais de tomber dans ce piège, je refusais de confier mon enfant à ma mère même pour dormir un peu.
Alors que j'étais au bout du rouleau.

Je n'arrêtais pas de me dire que je l'ai voulu ce bébé, et que je devais assumer.
Je me disais "Comment font les autres ? Elles y arrivent !" Parce qu'on me disait que c'était "ça" un bébé.

Donc je me persuadais que ma fille était normale, à dormir 4h sur 24h, à téter 20 fois par jour et à hurler le reste du temps.
A s'endormir d'épuisement au bout de nos bras.
C'était ça un bébé, et je pensais que je n'étais pas prête pour ça, que j'avais fait une erreur et qu'il fallait vite qu'elle grandisse, qu'elle parle, qu'elle me dise ce qui ne va pas !

Puis nous avons passé un premier cap, celui de la découverte de l'allergie, du régime alimentaire qui a amélioré la santé de ma fille, l'arrêt des pleurs, de la souffrance et le début de nuits plus correctes.
S'en est suivie la découverte d'un autre bébé, une seconde naissance.


A ses 4 mois, elle est passée de 4h de sommeil sur 24h, à 7h, puis 8, puis 10h.

Vers 9 mois, elle faisait enfin des siestes régulières de 30min l'après midi, ce qui me permettait de souffler un peu, juste un peu.

Puis vers 18 mois elle a commencé des siestes de 1h, c'était le jackpot, bien que l'heure passait rapidement, j'ai appris à optimiser ce temps.

Et l'allaitement est devenu si facile au bout de ses 4 premiers mois, où jusqu'alors je n'avais eu que très peu de plaisir à le faire.

En fait je n'avais jamais profité vraiment. Pour moi l'allaitement voulait dire à l'époque : moment de calme, sans pleurs, où ma fille était bien, apaisée, heureuse.

Je tirais une satisfaction d'avoir un instant de paix, de bonheur éphémère dans ma journée à la regarder dans les yeux, à créer un lien, une complicité qui m'était presque impossible de faire en dehors de ces temps là.
Après tout ça, l'allaitement est devenu pratique, naturel, simple, heureux.
Je pouvais partir n'importe où sans me préoccuper de rien, je savais qu'elle avait son lait à volonté quand elle le voulait.
Un lait sans allergènes - car je ne touchais à plus aucun produits laitiers - un lait qui ne la ferait plus hurler à la mort.

A ce jour, nous sommes toutes les deux à 33 mois de régimes sans produit laitier (vache - brebis -chèvre) et soja (Nous 3 ans le 18 février 2016)
L'allaitement est devenu une force, un appui solide pour sortir la tête de l'eau et me remettre sur les rails du moral.

J'ai mis bien 9 mois avant de voir la vie d'une autre couleur, de me dire qu'en fait j'adore être maman.

J'ai eu de la chance de trouver de bons soutiens, du soutien dans le monde des allaitantes. (En dehors de ma famille, de mon mari)
Des mamans qui m'ont mises sur la piste de l'allergie, qui m'ont donnée les bons tuyaux et les vraies infos pour l'allaitement.

J'ai connu la Leche League, et j'ai sorti la tête de l'eau. Vraiment.
J'ai eu la sensation de tout recommencer à zéro.
De me battre enfin à la loyale, d'avoir assez d'armes pour continuer cette mission passionnante qu'est d'être maman, face à une société qui ne me comprenait pas.

Avec du recul maintenant, je peux comprendre, je peux comprendre les réflexions des gens, les piques, les incompréhensions.
Ils ne me comprenaient pas. Ils ne savaient pas.

Pourquoi je me suis autant obstinée à souffrir autant, alors que j'aurais pu passer aux biberons pour dormir, ou passer le relai ?
Coller ma fille à mes parents et partir en week end avec mon homme ?
Même avec la découverte de l'allergie à ses 4 mois, pourquoi continuer de donner mon lait ? Les laits de riz maternisés ça existe.

Oui mais non, je n'étais pas prête à abandonner comme ça, à finir sur un échec.
Je n'avais pas tout donné, je n'avais pas tout découvert.
L'allaitement a été le fil rouge dans notre relation, je n'avais pas envie de le briser, pas comme ça.

Je commençais enfin à apprécier, à trouver ça agréable, à retrouver confiance en moi.
A me persuader que je faisais bien, pour le bien de mon enfant.
Je me fixais des petits objectifs, 6 mois d'allaitement, puis 1 an.
Après j'ai arrêté d'y penser.

Je me souviens avoir reçu une revue d'Allaiter Aujourd'hui, quand elle devait avoir à peine 1 an  : "Allaiter après 3 ans".
Et je me souviens d'avoir dit à mon mari "C'est ça que je veux, je veux vivre ce que vivent ces mamans, je veux un jour témoigner comme elles. Regardes comme c'est beau ce qu'elles disent et ce que disent leurs enfants qui en parlent ! Ils parlent de l'allaitement avec leurs mots d'enfant. C'est beau, c'est étrange, mais c'est beau."

Et j'y suis... Voilà ! J'y suis. Demain j'aurai ma place dans la revue "Allaiter après 3 ans".

Au fil des mois, même si tout se passait bien, j'ai eu quelques coups de blues, des doutes, des questionnements.
J'étais rassurée par les ouvrages, ma fille, son évolution, et aussi par le médecin qui la suit, qui n'a jamais eu de cesse que de me motiver et de conseiller à continuer tant que ça marche, tant qu'on le veut toutes les deux.
Que c'était un contrat entre nous deux seulement. Alors je n'ai eu de cesse que de continuer...

Oui, ça n'a pas toujours été rose, c'était particulièrement dur de passer toutes mes soirées à endormir bébé au sein, et de ne pouvoir passer le relais au papa.

Toutes ces soirées où je devais attendre qu'elle s'endorme profondément pour la poser dans son lit en mode ninja ou Yamakasi.
Vous savez ? Ces jours où on maudit le parquet qui grince, la porte qui claque, le nez qui pique et nous fait éternuer, ou le papadans le salon qui tousse !
Ma fille se réveillait avec un pet de mouche (comme beaucoup d'enfant), c'était éreintant, surtout après avoir passé 1h, 2h à l’endormir au sein !
Quand je sortais de sa chambre à 23h, c'était une petite victoire quotidienne.
Mais j'étais épuisée, car je savais que le lendemain le réveil sonnait à 5h pour tirer mon lait et aller au boulot.

Ah oui, petite parenthèse, j'allais oublier, j'ai tiré mon lait pendant 21 mois pour le boulot.
J'ai tiré jusqu'à ne plus arriver à le faire, passant de 400ml par tirage à 200ml, puis un jour à 20ml.
Puis mince, 21 mois c'pas mal hein ? J'en avais raz la casquette à force, mon Dieu que j'aimais pas ça.
Maintenant - avec le recul -  je sais que je peux faire un truc que j'aime pas pendant 21 mois...ça m'aura appris ça, que quand on veut, on peut !

J'ai sentie aussi vers ses 2 ans, un rejet important quand elle mettait longtemps pour finir une tétée.
Je ne supportais plus qu'elle tarde. Je pensais souffrir d'un réflexe d'éjection dysphorique, mais c'est passé, ça a duré quelques mois.
C'était horrible, quand la tétée dépassait 10min, j'avais une répulsion très forte, il fallait que la tétée cesse DE SUITE.
C'était insoutenable, j'avais des palpitations, des crampes, un nœud dans la gorge qui montait avec de la colère.
J'étais en colère, mais je ne savais pas pourquoi.
J'ai d'ailleurs cru que j'allais entrainer ma fille vers un sevrage, que mon corps réclamait la fin de cet allaitement, et qu'il n'était pas bon d'allaiter dans ses conditions.

Et d'un autre côté, j'étais nourrie d'angoisses, l'angoisse de la fin, alors que ces tétées étaient de vraies souffrances psychiques.
Je pensais que j'allais l'éloigner du sein, mais je crois que c'était juste que ça me pesait de mettre tout ce temps à l'endormir.
Je n'avais plus de soirée tranquille avec son papa, pas de temps pour moi le soir à trainer, à lire, à regarder la télé, à me détendre.

Après 2 ans, j'en ai eu vraiment marre, et j'ai passé un marché avec ma fille, qui est toujours d'actualité.

Je lui donne la tétée pendant le temps de la musique de sa veilleuse (ça dure entre 10 et 15 min), et qu'elle dorme ou pas, je sors de la chambre.
Nous avons ce rituel depuis presque 1 an et tout se passe bien.
Elle a sa tétée câlin après l'histoire de son papa et elle dort !

OUI les amis ! ELLE DORT ! J'en reviens pas moi même !
Après avoir passé des mois à l'endormir au sein, depuis qu'elle est dans son lit de "grande",
ELLE DORT !
J'en pleurerais de joie. Elle était prête, je n'ai rien forcé, et c'est bien sûr sans JAMAIS l'avoir laissée pleurer une seule fois.

Technique du 5 - 10 -15
5 minutes de bisous, 10 minutes d'histoire, 15 minutes de tétée !
A renouveler à l'infini jusqu'à que l'enfant s'endorme.
Voilà comment revisiter une certaine méthode canadienne de manière bienveillante.

Je dois dire que cette année est passée à une vitesse folle. L'allaitement a évolué.
Nous sommes entre 2 et 3 tétées par jour selon si je travaille ou non. (Et plus si elle le demande en journée, mais ça reste très rare)
Tout va bien. Nous sommes à l'amiable, tout le monde y trouve son compte.
Je ne suis toujours pas partie en week end avec mon mari, mais on le vit très bien.

Ma tété préférée reste celle du soir, alors que pendant des mois je l'ai redoutée, je l'ai râlée celle-là !
Cette année est une année particulière : elle est rentrée à l'école.
Tout se passe merveilleusement bien.
La transition gardée par mamie/école s'est bien passée.
Aucun pleur, aucune angoisse. Elle adore retrouver ses copains, sa maitresse.
Elle a pris le rythme très vite, et elle qui se couchait à 23h encore au mois d'août, se couche à 20h30 (après sa tété off course).
OUI, nouvelle victoire ! Maudissez moi, jetez moi des cailloux, c'est pas grave !

Oh avant de finir, je voulais vous faire part de la découverte d'un petit bijou.

C'est un livre, pas n'importe quel livre, c'est :
"L'allaitement long expliqué à mon psy, mon généraliste, mon pédiatre, ma voisine..." Aux éditions du Hêtres, d'Agnès Vigouroux.

Un livre d'une psychologue clinicienne, qui tord le cou aux idées reçues.
Qui permet de comprendre, d'apprendre de l'allaitement long : norme biologique de notre espèce.
Cet ouvrage nous plonge dans des théories psychologiques de l'étude du développement de l'enfant.
Comme je ne saurais résumer ce magnifique ouvrage, je vous laisse avec le dos de couverture :

" Vous l'allaitez encore ?!" s'exclament face au bambin allaité le médecin qui prescrit le sevrage au lieu d'aider la mère à mener au mieux l'allaitement, le psychologue qui croit qu'un enfant allaité l'est au même rythme qu'un nouveau-né et en tire des conclusions catastrophiques, la voisine, la belle mère, etc. L'allaitement, norme biologique de notre espèce, n'implique aucune restriction de durée. Parler d'une allaitement comme "long" est une élaboration culturelle. Le fait que notre société définisse une norme au delà de laquelle l'allaitement surprend ou choque nous apprend beaucoup sur elle-même, son rapport à l'enfance, ses représentations du corps et sur la place de la femme. En effet dans un monde où l'image sexualisée de la femme est omniprésente, pourquoi voir un enfant téter dérange-t-il ? Pudeur sélective, clichés psychologiques ? La puériculture est devenue un domaine où les accessoires sont rois. Notre culture prône la séparation, l'autonomisation, la socialisation. Mais peut-être faudrait-il commencer par favoriser les processus d'attachement. Il est urgent que les professionnels de l'enfance et de la santé découvrent la réalité de l'allaitement afin de pouvoir soutenir au mieux les personnes qui les sollicitent."

Je sens que ça va être une année intéressante, et je suis contente d'avoir toujours l'allaitement comme allié.
Je suis fière du parcours mené avec ma fille.
De cette confiance qu'on partage toutes les deux, cette complicité, cette écoute réciproque de nos besoins.

Il a été très riche ce chemin depuis sa naissance. Depuis 3 ans cette aventure m'a amenée à faire de belles rencontres et à vivre diverses expériences enrichissantes.

- Des témoignages pour la Leche League, sur leur site internet -   Allaiter un bébé souffrant d’un R.G.O - ainsi que dans leur revue Allaiter Aujourd'hui.

- Un témoignage pour le site de Véronique Darmangeat, A Tires D'ailes, Allaiter et Reprendre le Boulot

- J'ai aussi laissé la trace - non sans une certaine fierté - chez Les Seintes de McMaman : Allaitement : entre allergie, burn out et réconciliation

- La création de ce blog et de  sa Page Facebook.


- J'ai aussi créé un groupe Facebook, J’allaite un Bambin, qui compte pas loin de 900 membres.
Dont je souhaite remercier - chacune d'entre elles - pour illuminer mon quotidien de leur bienveillance et de leurs témoignages.
La joie de pouvoir trouver à tout moment des personnes qui partagent ma vision du maternage, de la parentalité positive et de l'allaitement long.
Mais aussi de l'éducation non violente, des méthodes alternatives et bienveillantes qui se discute sur ce groupe.
Merci de faire vivre ce groupe avec autant de douceur et d'amour.

Je suis fière du soutien sans failles du papa qui me suit dans cette aventure avec tendresse et bienveillance et que je ne remercierai jamais assez.
L'amour qu'il nous porte est essentiel. Je n'en serais pas là sans lui, sans son ouverture d'esprit, sa pensée logique et son intelligence du cœur.
Je suis heureuse du changement de mentalité autour de moi qui s'est opéré, discrètement mais sûrement. Des gens (de mon entourage) qui apprennent avec moi l'allaitement qui dure.

Nous sommes sans doute plus proche de la fin que du début, mais je me permet maintenant d'en profiter.
De prendre tout, de me nourrir de ce qui me reste avant la fin.
Car le jour où elle me dira STOP, que je sois prête ou pas, ça sera le début d'autre chose, de tout aussi grand.
Et un jour sur ce blog, je viendrai vous raconter...
Pour une fois, je laisse ma fille finir cet article.

 

Ses mots :


"Le poupou a le goût du sucre, ou du miel je sais pas trop..."


"Mais maman on soigne tout avec le poupou !"


"Le poupou va guérir mon bobo maman ?"


"Pourquoi ce bébé n'a pas le poupou maman ? Elle sait sa maman qu'elle a des poupou ?"

"Le poupou c'est beaucoup de joie, je les aime maman tes poupou"

"Maman je continue encore un peu le poupou, parce que je suis encore un peu petite !"

"Un histoire, un poupou et au lit !"

"Maman tu as oublié le poupou, quand même c'est pas vrai, tu es une coquine, tu me fais des blagues !"

"J'ai besoin encore du poupou un peu car je suis pas de bonne humeur ce matin !"

"Je t'aime maman, à la folie, pour tous les jours de ma vie !"

 


10/11/2015
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Non, je n'ai pas prévu d'arrêter ! Merci.

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32 mois d'allaitement.

 

32 mois de toi, 32 mois de nous.


Nos débuts ont été fait de souffrance et d'amour, entre le RGO, les allergies, les pleurs, les nuits si courtes, l'épuisement. Mais j'ai appris à être maman grâce à toi, et malgré les avis (professionnels, et autres), je n'ai jamais craqué. Il faut que je te dise un secret : c'est grâce à ton père. Ce papa fabuleux qui n'a jamais acheté la boite de lait que je demandais tous les soirs entre 2 pleurs, car il savait que le lendemain il faisait jour et que le lendemain je ne voulais plus de cette boite de lait. Puis il m'a soutenu, chaque jour, à sa manière, en s'occupant de la maison, en te donnant le bain, en te changeant toutes les couches, en se levant toutes les nuits pour te porter dans le lit pour que je te donne le sein (alors que tu étais dans le berceau à 10 cm de moi parce que tu refusais le co-dodo à cause de ton reflux ou il fallait que tu sois à 45° d'inclinaison). Il n'a jamais baissé les bras, alors que je l'ai fais des centaines de fois, parce qu'à force d'entendre les gens autour, on se persuade d'avoir tord, de mal faire et d'être la mère la plus indigne qui soit. Mais ton papa, il a cru en moi, autant que j'ai cru en toi, en nous. Et un jour, on a laissé toute cette souffrance derrière, un jour je me suis réveillée, et on avait vaincu tout ça, tous les 3.

 

Je me suis réveillée et je me suis rendue compte que je suis née avec toi en novembre 2012. Et que ce que je deviens et ce qui fait de moi ce que j'ai toujours été, ce que j'ai toujours voulu être. Tu as fais voler en éclat toutes les souffrances et toutes les peines, tu es cet éclair dans mon paysage de pluie, tu es cette étoile dans mon paysage de nuit, tu es mon soleil parmi les nuages, tu es ma force et ma plus grande faiblesse. C'est au fond plutôt pratique, car mis à part toi, plus rien ne peut m'atteindre.

Je me suis réveillée dans un monde que je ne veux pas pour toi. Un monde où il faut se battre corps et âme chaque jour, partout et tout le temps. Un monde où la tolérance n'a souvent plus sa place. Un monde où on commet des attentats contre la liberté d'expression. Un monde où on juge tout le monde, pour n'importe quoi. Je veux t'apprendre tout ce que j'ai appris à tes côtés, tout ce qui fait que mon monde est devenu plus beau malgré l'adversité. C'est ce que j'essaye chaque jour de te transmettre avec passion et bienveillance. J'espère. Je veux t'apprendre à défendre tes idées, comme je défends notre allaitement. Je veux t'apprendre l'amour avant que tu apprennes l'injustice et la peur.

Et le fil rouge, qui a su nous aider tous ces mois, toutes ces années, c'est l'allaitement.

Ce sein que certains sacralisent, critiquent, fuient, martyrisent, oublient et ignorent.

Ce sein qui fait tant de débat, qui soulève des cœurs, dégoutent certains, découragent d'autre, alors qu'il est juste une partie de moi, une partie de moi pour toi.

 

Un bout de moi simple, doux, et qui détient des milliers de secrets.

- Celui de te nourrir, de t'apaiser, de te cajoler, de te guérir et de t'endormir.

- Celui qui permet de sécher tes larmes et de faire fuir tes peurs.

- Celui de te faire grandir, pas que dans ton corps, mais aussi dans ta tête.

 

C'est un secret de la vie, tendre et aimant, qui ne coute rien et qui est infini.

Ce bout de moi que je partage avec toi depuis déjà 32 mois, et je ne suis pas prête d'arrêter ! Il faut croire que toi non plus.

Et qui n'est rien d'autre que la continuité de la grossesse.

 

Ce bout de moi dont tu n'auras plus besoin un jour, puisque tu pourras encore me tenir la main. Un jour, tu seras bien loin, tu seras bien grande et il me restera ces souvenirs, ces moments de partage, gravés là contre mon cœur.

Des moments uniques que personne d'autre sur terre pourra partager avec toi, jamais.

Des moments qui ne sont qu'à nous. Pour toujours.

J'espère un jour, avec tes enfants, que tu vivras ces moments là, même juste qu'une fois.

Et à ce moment là, tu sauras.

Tu connaîtras la magie de ce geste si simple, si fort.

 

Un jour tu comprendras l'amour que j'ai pour toi.

Et quand ce jour viendra, pas tout de suite crois moi, je serais fière d'avoir participé à ça.

 

D'avoir tout donner, jusqu'à ce petit bout de moi, qui n'est autre que la porte qui sépare mon cœur du tien.

Comme on dit : après tout tu es la seule à avoir entendu battre mon cœur de l’intérieur.


Je t'aime, bon moiniversaire mon bébé !

 

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10/07/2015
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1 an d'éducation bienvaillante

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En l'honneur de la Journée de NON-violence éducative, quoi de mieux qu'un petit billet sur le blog  pour en parler ?

 

Voilà maintenant un peu plus d'1 an que je me suis plongée dans l'éducation bienveillante.

Quels en sont les résultats ? Quels sont encore les difficultés ? Qu'est-ce que j'en retire ?

 

Pour ceux qui n'aurait pas lu le précédent article où je parle de ce déclic vers l'éducation non violente c’est par ici.

 

Alycia aura 2 ans et demi dans une dizaine de jour, ce qui fait donc bientôt 13 mois qu'avec son père nous avons décidé de changer et de nous remettre en question.

Ça n'a pas été évident du tout, ça ne l'est toujours pas, rien est acquis, nous avions (avons) des réflexes et des idées préconçus, bien ancrés de notre enfance et propre éducation, mais aussi de ce qu'on voyait un peu partout, chez les voisins, les amis, à la télé *Bonjour super Nanny".

Il a fallu alors tout réapprendre, déjà commencer par la base : la construction du cerveau chez l'enfant, les sentiments, les besoins.

J'avais besoin de mettre du sens là où je n'en trouvais plus.

 

"Mais bon sang, pourquoi elle comprend pas que quand elle fait ça, elle va au coin ?"

" Pourquoi tous les jours c'est la même choses, je punie, je mets au coin, et rien ne rentre dans sa petite tête !"

" Elle est têtue c'est ça, elle me provoque, elle me défie"

 

C'est bien connu les caïds de 15 mois !

 

Pas une seconde, ou peut être un quart de seconde alors, je me demandais "Qu'est-ce qu'elle veut me dire ?" "Qu'est ce qui se passe en elle?"

Alors quand j'ai découvert les livres de Filliozat, j'ai craqué, j'ai pleuré parce que j'avais mal.

J'ai culpabilisé et j'ai regardé ma fille en lui demandant pardon, car nous faisions fausse route avec elle.

 

Quels sont les résultats après 1 an de parentalité positive ?

 

L'expression de NOS besoins. La qualité des échanges et de communication dans la famille.

Lyli exprime ses besoins, ses attentes, ses désirs, et on fait de notre mieux pour y répondre.

Je n'ai pas eu à gérer de situation de crises depuis 1 an.

Je ne sais pas ce que c'est qu'un enfant qui perd le contrôle dans un magasin ou à la sortie d'un manège ou d'un parc de jeu.

Pas de coin, pas de fessées, pas de punition (jamais eu à interdire ma fille de quelque chose) donc pas de confrontation qui dure des heures, comme j'ai pu avoir avant.

 

Pas de colère dévastatrice, ça ne veut pas dire qu'elle pleure jamais. Mais elle ne s'est plus jamais roulée au sol, devenue rouge et se faire vomir comme elle pouvait le faire avant.

Oui elle cri, oui elle sait dire non, oui il lui arrive parfois de montrer son désaccord en jetant un jouet par terre. Mais c'est aussi comme ça quelle devient une personne à par entière, et elle a que 2 ans et demi.

Le NON, l'opposition au parent est une étape importante pour se construire, pour devenir "JE".

Mais depuis 1 an je ne lutte plus.

Et je continue d'apprendre et de me remettre en question, car il faut pas se leurrer, il va falloir des années encore pour venir à bout de tout ce que l'éducation Française à fait (de mal) jusqu'à présent...

 

Quoi quoi quoi ? Qu'est-ce qu'elle a fait de mal l'éducation Française.

 

Une Fonction Essentielle Au Développement : La Régulation Des Émotions, Lucie Dufour
Au cours de la dernière décennie, la neuroimagerie nous a permis de mieux comprendre le fonctionnement du cerveau. Dans ce document, je me pencherai plus particulièrement sur le rôle de la zone corticofrontale de l’hémisphère droit dans la régulation des émotions. Cette zone du cerveau se développe au cours des deux premières années du nourrisson, avant même qu’il puisse parler. Au cours de ces années, la survie et la sécurité de l’enfant dépendent entièrement du parent ; il en est de même pour qu’il puisse se calmer. Il apprend donc à réguler ses tensions (contenir, gérer, moduler celles-ci) comme le font ses parents, au même titre qu’il apprendra un peu plus tard à parler le même langage qu’eux.
[...]
D’autres adultes qui ont ces difficultés à se calmer mais qui sont plus actifs, seront fréquemment submergés par les tensions. Ceci se répercutera en différents troubles de fonctionnement : nervosité, stress, comportements agressifs, somatisations : douleurs musculaires, maux de tête, urticaire, eczéma, problèmes d’estomac. Ces personnes sont susceptibles d’avoir présenté des problèmes d’attention et de concentration étant jeunes, qui heureusement, se sont atténués en vieillissant. Ceci démontre que notre cerveau s’adapte et se modifie en fonction des comportements que nous adoptons et des efforts que nous lui demandons. Les enfants de ces personnes se sentiront submergés en leur présence et préféreront se retirer, ne pas déranger ou déverseront leur trop plein de tensions par un comportement agité, en parlant fort, ou en criant. Les personnes qui n’ont pas développé la capacité à se contenir vivront des insatisfactions dans leurs relations, au travail, et leur état émotif instable, affectera leur qualité de vie au quotidien. Certains utiliseront médicaments, alcool, drogues pour se sentir mieux.
[...]
Pour en savoir plus, article passionnant :  La Régulation Des Émotions

 

Ne dit on pas que les français sont les champions du monde de la consommation de psychotropes ? Grands stressés, insatisfaits, notamment au niveau du travail...

Et le pire, c'est qu'on ne trouve pas d’explications simples à ce phénomène (le taux de remboursement des médicaments, par exemple), n'y aurait-il pas un lien dans l'éducation que nous donnons à nos enfants ? Pourquoi ne pas revoir tout du début ?

 

 

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Quels sont encore les difficultés ?

Les fois où je me suis montrée en confrontation avec ma fille, c'était MA faute.

Dans les moments de fatigue, et il y en a eu quelques uns ces derniers mois, la vigilance baisse, les erreurs du passé resurgissent, et je perds tout le sens du fameux "Lâcher prise".

J'ai lutté jusqu'à il y a peu pour les repas, me retrouvant devant une petite qui refusait de manger, flanquait tout par terre, et mettait 1h pour manger 2 bouts de poisson.

Alors il m'est encore arrivé de perdre patience, épuisée à lutter contre quelqu'un de plus fort que moi, quelqu'un qui cherchait à me faire passer un message que je ne voulais pas entendre/comprendre.

Et puis comme le jour où j'ai pris conscience pour l'ENV, j'ai pris conscience que j'en avais marre de ces situations, et c'est grâce à mon boulot que j'ai pris du recul.

"Pourquoi est-ce ci important pour moi qu'elle finisse son assiette ?", "Est-ce qu'à moi on m'oblige à manger tous les jours ?", "Qu'est-ce que je ressentirais ?"

Je pense que la personne en face se prendrait facilement mon assiette dans sa figure, alors pas étonnant qu'elle jette sa fourchette ou son verre.

 

Au boulot, les familles de patients arrivent toujours, lors des visites, les mains chargées de poches remplies de nourriture. "Il faut qu'il mange ! Est-ce qu'il mange ? Mange mon chéri tu vas guérir"

Nous autres soignants, nous sommes partagés, car les patients passent leur journée à se remplir, et grossissent à vu d’œil, car les traitements font grossir et donnent faim.

Du coup, ils mettent leur santé en danger, avec des risques d'obésités (et ce qui en découle), du diabète. Et il est difficile d'expliquer ça aux familles, qui elles pensent bien faire.

Ils se sentent impuissant face à la maladie de leur enfant, alors ça les rassurent qu'ils mangent. Car quand on mange, c'est que tout va bien.

Ce comportement m'a amené à réfléchir sur le mien. Pour moi c'est pareil, c'était important qu'elle mange à tous les repas ce que je lui préparais, car je me disais qu'elle était comme ça en bonne santé.

Mais à force de lutter, j'ai revu ma copie, j'ai repris mes bouquins de bienveillance, et j'ai enfin lâché prise.

"Elle veut pas manger ce soir ? Elle petit déjeunera sans doute mieux demain matin !"

Elle n'a pas la peau sur les os, et elle sait aller chercher un paquet de biscuit dans le placard, une banane ou bien une pompote quand elle a faim, alors pourquoi de quoi j'ai peur ?

C'est le besoin de remplir, de combler ma fille. Un besoin à MOI, mais pas un besoin à ELLE, d'où la lutte perpétuelle et son opposition franchement marquée.

C'est un peu comme si elle me disait : "J'en ai pas besoin maman, alors je lutte, je me braque, je m'oppose, parce que je suis "JE" et que "JE" a des besoins"

Depuis, les repas se passent beaucoup mieux, elle mange ce dont elle a envie, si elle finit pas sa compote, on la revisse au frigo et elle la mange plus tard. Elle finit pas son assiette, un tupper et au frigo pour ma gamelle de demain ou pour la sienne. Elle mange avec les doigts ? Tant pis, je sais qu'elle sait manger avec la fourchette et la cuillère, puis il y a bien des adultes qui mangent le poulet à la main par exemple, et carrément c'est culturel chez d'autres de manger avec les doigts. Il est où le drame en fait ?

Pourquoi ça m'ennuie autant qu'elle se salisse les doigts et donc les habits ? Il y a rien de grave... Alors je prends du recul et ça se passe bien.

 

Qu'est-ce que j'en retire ?

 

Que du positif forcément. Mais pas que...

 

Déjà la relation avec ma fille est plus que merveilleuse, elle a confiance aux adultes qui l'entourent, et elle a confiance en elle.

La maison est en harmonie. On prend beaucoup de plaisir à être en famille, à partager des choses.

Pas de crainte de partir en courses ou dans un parc de jeu sans que ça finisse en colère noire.

L’aisance dans le fait de savoir l'apaiser quand elle est envahie d'émotion. La capacité à répondre à ses besoins quand elle a des chagrins.

Gérer une crise en peu de temps quand ça arrive. La facilité à passer des informations.

 

Le bonheur d'entendre ma fille dire :

"Je suis courageuse maman"

"J'ai pas réussi, mais je "réussira" plus tard"

"Allez mon bébé courage, je suis là, je te protège" en s'adressant à sa poupée

"Tu vas y arriver maman"

"Il faut pas pleurer bébé, ta maman est là" en regardant un dessin animé

"Il faut pas crier monsieur, il faut pardonner, rolala cuila*" toujours sur un dessin animé (*celui là)

"Maman encourage moi  pour que je réussisse!"

 

Elle est aussi détendue, à l'aise, bien dans sa peau, même avec les gens.

 

Alors oui c'est beau tout ça, c'est magique, mais pas vraiment en fait.

C'est beau oui, mais ce n'est pas magique, et j'ai pas hérité des pouvoirs d'Harry Potter, ma baguette magique à moi, ce sont les bouquins.

Et c'est une arme très puissante que d'avoir le savoir, savoir faire et savoir être entre ses mains, et de pouvoir s'en imprégner et apprendre.

L'éducation bienveillante, c'est du boulot, c'est beaucoup de prise de conscience, de remise en question.

C'est revoir sa copie, même sur des choses qu'on jugeait utiles ou "normales".

C'est faire l'effort, chaque jour, chaque heure de se mettre à la hauteur des sentiments de son enfant et de ses besoins.
C'est une gymnastique constante que d'analyser des situations, de prendre du recul et de lâcher prise.

 

Quand je pense que certains croient encore que c'est laxiste comme éducation, ça me laisse vraiment un goût amer.

Il est tellement plus facile de coller une bonne fessée pour décharger son émotion, son énervement, pour SE soulager.

Ou de mettre au coin pour ne pas à avoir à s'expliquer et à discuter, mettre au coin pour ne pas s’embêter à comprendre, à analyser son enfant.

 

Je suis tombée sur un article qui m'a fait froid dans le dos, qui est à l'antipode de l'éducation sans violence, ça s’appelle du "dressage" :

 

On n'arrive pas vraiment à imposer notre autorité à notre petite marmaille? Du calme, voici comment s'y prendre pour mater les indomptables!
Que faire? On fait rasseoir notre petit turbulent autant de fois que nécessaire en conservant notre calme et en parlant le moins possible. Il fait une crise par terre? On l'enlace fermement par derrière et on le remet sur la chaise, toujours en maîtrisant nos émotions. On règle ensuite la minuterie à 1 minute par année d'âge (maximum de 5 minutes). Il se relève? On le fait rasseoir, et on recommence le compte à rebours (il faut faire preuve de constance pour que cette méthode donne des résultats).
Pendant la conséquence, l'enfant doit se trouver dans notre champ de vision, mais pas à côté de nous. Il n'a pas de jouet ni de livre à la main, et la télévision est fermée. S'il tente de nous faire fléchir en nous disant qu'il est calme, on lui répond qu'il pourra se lever quand la minuterie sonnera. Une fois le temps écoulé, on ne revient pas sur son comportement, sauf s'il était grave, par exemple s'il a frappé sa petite sœur ou brisé délibérément le jouet de celle-ci. Dans ce cas, on lui demande s'il se souvient pourquoi on l'a puni et on exige qu'il poste un geste réparateur, comme de lui faire un câlin ou de lui prêter un de ses jouets. Enfin, on félicite notre tout-petit quand il est coopératif et se comporte bien. On lui apportera ainsi une attention positive qu'il voudra répéter.
Source : ici

 

Que dire...

J'ai moi même pratiqué le coin, avant de m'attarder sur l'ENV, mais jamais j'en suis arrivée là.

Tout cet article serait à reprendre, et pousse à réfléchir de la logique, et du bienfait du coin ?

Je vais reprendre quelques phrases (pas toutes sinon l'article fera 10 pages)

 

"On l'enlace fermement par derrière et on le remet sur la chaise" : On se met 10sec à la place de l'enfant qui est envahit d'émotion. Le parent vient de le punir, de le priver de quelque chose, et imaginons que le parent à élever la voix. L'enfant a eu peur, est triste de se voir refuser quelque chose, se met à pleurer, se roule par terre en étant éprouver par des émotions qu'il ne parvient pas à gérer seul, le parent lève encore la voix, le saisi par derrière, ça le surprend, la crise s'intensifie car le parent, au lieu de le garder dans ses bras, pour l'aider à gérer la crise, à se contrôler, à se gérer émotionnellement, le remet au coin.

 

"toujours en maîtrisant nos émotions" : Au contraire, il ne faut pas avoir peur et hésiter à exprimer nos émotions et nos besoins à nos enfants. A leur dire que le comportement qu'ils ont ne nous plait pas, nous fait de la peine, et que nous ne trouvons pas agréable d'agir ainsi, que ça peut faire mal, que l'objet peut se casser par exemple.

Il ne faut pas hésiter à dire "là je suis fatiguée de te voir agir comme ça, je n'ai pas envie de crier, mais comme je suis fatiguée je cris, je te demande pardon, et si nous faisions chacun des efforts ? Je ne cris plus et toi tu me dis ce qui ne va pas, qu'est-ce qui te rend triste ? qu'est-ce qui te fais pleurer ? pourquoi tu as jeté cet objet ?" "Prenons 5min pour voir ce qui ne va pas dans ton comportement et le mien"

 

"l'enfant doit se trouver dans notre champ de vision, mais pas à côté de nous." : Bien au contraire, le fait de l'isoler seul, l'enfant va se sentir repoussé, rejeté. Il est perturbé, en proie avec ses émotions, qu'il ne canalise pas seul et vous l’abandonnez dans un moment ou il a le plus besoin de vous. C'est ce qu'il ressent.

Au lieu de ça, pourquoi ne pas s'isoler avec lui, au calme, parler des sentiments, des émotions, exprimés vos besoins, lui faire exprimer les siens, parler de la situation, de ce qui vient de se passer. Lui demandait comment faire pour l'aider. Ou sinon, le prendre dans vos bras et le tenir de manière à ce qu'il ne se blesse pas et ne vous blesse, pour gérer le gros de la crise et pouvoir dialoguer ensuite si ce n'est ps possible sur le moment.

Si c'est vous qui être en proie à un trop plein d'émotions et que vous sentez que vous n'allez pas vous contrôler (tiens donc, là vous trouvez normal de pouvoir vous énervez, d'être débordé, plein de colère, mais pas votre enfant ?), et bien c'est à vous de vous isoler pour retrouver votre calme, en vous assurant que votre enfant est en sécurité. Revenez quand vous êtes plus calme ! Retourner la situation, au lieu d'isoler votre enfant, isolez vous vous même.

Il est nécessaire d'accompagner l'enfant et non pas de l'isoler seul.

 

"S'il tente de nous faire fléchir" : Pourquoi partir du principe que l'enfant cherche à nous faire fléchir ? A nous manipuler ?

Pourquoi ne pas se dire tout simplement que l'enfant essai d'exprimer un besoin que le parent ignore ou ne comprend pas et qui engendre chez lui un comportement que le parent ne juge pas acceptable, un comportement qui est pourtant normal quand on est terrassé par un océan d'émotion que notre cerveau n'a pas encore la capacité de gérer seul.

 

"on ne revient pas sur son comportement, sauf s'il était grave" : Deux choses. D'un cela veut dire qu'on peut "punir" même si ce n'est pas "grave" (définir la gravité ?). De deux, ne pas expliquer à l'enfant est un manque de communication, et c'est souvent ça qui engendre la crise : la non communication.

 

"on félicite notre tout-petit quand il est coopératif et se comporte bien" : Ici ce qui me choque, ce n'est pas de féliciter son enfant, c'est plutôt les mots employés. Le terme de coopération laisse entendre qu'on exige de l'enfant à se comporter comme nous adulte nous nous comportons (dressage). Mais un enfant n'est pas un mini adulte, il est un adulte en construction. On ne peut pas demander à un enfant de 2 ou 3 ans d'agir comme un adulte qui comprend, analyse, réfléchis aux conséquences (et encore qu'il y a des adultes qui ne font rien de tout cela) Tiens d’ailleurs ne dit on pas qu'on apprend en faisant des erreurs ? Alors laissons nos enfants en faire aussi.

Nous voulons que nos enfants grandissent avec leur personnalité, où nous voulons qu'ils soient façonnés à notre image ?

 

"On lui apportera ainsi une attention positive qu'il voudra répéter" : C'est bien connu, quand on puni au coin pour une raison, l'enfant ne le refera plus. C'est pour ça que le lendemain, le surlendemain et les jours qui suivent, l'enfant est au coin, encore au coin et toujours au coin. Si ça marcher, on aurait à mettre au coin qu'une seule fois.

 

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Pour conclusion

 

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La Maman de Lyli, qui débute, qui boite parfois, mais qui tente ce qu'elle peut pour une éducation non violente et positive.


30/04/2015
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Avant, j'étais juste une femme


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Avant j'étais juste une femme et maintenant je suis aussi maman.

 

Avant je ne comprenais pas ma mère, maintenant je l'admire.

Je n'avais aucune notion de la maternité ou de la parentalité, à par ce que j'entendais par ci par là.

Je pensais que je serais telle ou telle mère, que je ferais tel ou tel choix pour mon enfant.

Et en fait, j'ai presque rien fait de ce que j'avais pensé faire.

Déjà je pensais pas que j'allaiterais, et certainement pas plus de 2 ans (et ça dure encore)

Puis quand je voyais les mamans dormir avec leur bébé dans la même chambre, je me disais que je ne ferais pas pareil.

Et en fait, maintenant je me demande comment on peut faire chambre à part ?

 

Avant j'aimais bien aller au cinéma, maintenant si j'y vais 2 fois par an c'est un exploit.

 

Avant j'aimais bien prendre du temps pour moi sans m'organiser, sans me prendre la tête (sport, shooping, bain, ménage, travail, courses...)

J'avais tout le temps qu'il fallait, même le temps de m'ennuyer.

Puis après j'ai rencontré mon mari, et passer du temps à deux était vraiment sympa.

Tout ce que je pouvais faire seule, je le partageais en deux, même le ménage et les autres tâches de la vie quotidienne.

C'était vachement chouette !

 

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Avant j'aimais bien les après midi canapé, avec une couverture et un bol de lait plein de miel pop's, devant une série ou un film culcul-la-praline.

Aujourd'hui j'ai à peine une heure pour faire ça (c'est le temps de la sieste de ma fille), et tout le monde sait qu'un film ne dure pas 1h.

Et surtout que le ménage, le linge et le tris des papiers ne se font pas tout seul.

En général quand je me pose sur le canapé, elle se réveille !

 

Avant j'aimais bien faire des grasses matinée, des très grasses matinée.

Du genre j'aimais bien dormir jusqu'à 11h, trainer jusqu'à midi, manger tranquillement en suivant les jours de repos.

Maintenant les jours de repos, je ne sais pas ce que c'est ?

 

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Avant j'aimais bien ne rien faire à manger le soir, ou commander un truc à manger.*

J'aimais bien avoir des tas de trucs à grignoter dans les placards, le genre de truc qui te tape direct dans les hanches.*

*(Alycia est allergique et l'aire des plats tous prêts ou tout faits est aboli depuis, ainsi que tous produits avec des protéines de lait de vache, de chèvre, de brebis et de soja).

Donc finit la barre de mars ou Twix dans le tiroir pour consoler un chagrin ou une déprime. Ainsi que les pizzas 4 fromages, les hamburger plein de sauces les jours où le frigo est vide, ou que la flemme nous colle à la peau....

 

Avant j'aimais bien dire "Oui" de suite quand on m'invitait à sortir, pour un repas, annif, mariage...

Sauf que maintenant vient avec ça l'angoisse du "qu'est-ce que je vais manger avec Lyli?"

Oui parce que comme j'allaite ma princesse, je fais moi aussi l'éviction de toutes ces protéines de lait, car elles passent dans mon lait et font souffrir ma fille.

 

Avant j'aimais bien avoir le temps de prendre une longue douche.

Ou même allais aux toilettes sans ressembler à Speedy Gonzales.

Je pouvais genre lire des pages de magazine tranquillou, ou un bon bouquin dans un bain.

 

Avant j'aimais bien lire sur le canapé en pleine journée, sans aucun bruit, sans poser mon livre 15 fois dans l'heure.

C'est comme pour téléphoner, j'adorais passais des heures avec les copines au téléphone, sans avoir à dire "attends, attends 2 secondes ne raccroche pas ! Lyli, attention sur cette chaise, tu peux tomber, pose cette fourchette sur la table, laisse cette poubelle fermée et remet ce t-shirt dans la panière à linge que je viens de plier s'il te plait !"

 

Avant j'aimais bien dépanner le planning des collègues (matin, soir, nuit) sans me préoccuper de rien d'autre.

En me disant que de toute façon je me reposerais le week end prochain !

Ou bien rester aussi papoter sur le parking de l'hôpital ou autour d'un café après le boulot, sans penser à aller chercher chouchou à la nounou.

 

J'aimais bien dormir jusqu'à 11h avant de partir au boulot à 13h, ou finir ma nuit à 7h et savoir que je pourrais dormir et comater toute la journée.

Alors que maintenant je me couche vers 9h et le réveil sonne à 13h pour aller chercher la puce.

Et quand je bosse de soir, je me lève vers 7h30 et je rentre du boulot vers 22h, avec une petite fille surexcitée de retrouver sa maman. Troooop facileeeeeee !

 

Avant j'aimais bien ne pas me soucier de ce que je pouvais écouter ou regarder (télé, radio, musique) dans la journée.

"Maman la dame elle a dit Putain, pourquoi elle a dit putain ?? Putain ! Putain !! Putainnnn

Et pourquoi elle pleure ? Et pourquoi elle a mal ?"

" Maman non c'est nul cette musique on peut pas danser, met une autre !"

 

Avant j'aimais bien les diners en tête à tête tous les soirs avec mon homme.

Maintenant on arrive plus vraiment à avoir une conversation sans être cerné de

"Maman, papa regardez, maman papa j'ai vu un oiseau, maman papa qu'est-ce que vous faite ?

Maman regarde tout ce riz par terre, papa j'ai mis de l'eau patout patout, maman il faut laver les mains, j'ai mis plein de sauce tomate"

 

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Mais avant quand j'étais "juste" une femme, je ne savais pas à quoi point je pouvais aimer.

AIMER si fort, au point de supporter tout ce que je ne peux plus faire aujourd'hui et que j'aimais tant hier.

 

Avant je ne savais pas que jouer au ninja pour prendre une douche, (avec après shampoing), aller aux toilettes et m'habiller en 10min pouvait me faire rire.

En fait je ne savais même pas que j'en étais capable, ni que je pourrais en rire le soir avec mon mari.

 

Avant je ne savais pas que j'apprécierais me lever à pas-d'heure la nuit et être émerveillée par tant de beauté et de douceur dans un regard, dans un sourire.

L'émerveillement vient juste après l'exaspération de voir marqué 01:00 sur le réveil (je dois bien l'avouer).

 

Avant je ne savais pas que je pouvais encore plus aimer ces temps que j'ai que pour moi, parce que depuis qu'elle est là je ne peux plus vraiment être seule.

Je savoure le bon bain (avec MA musique, de la mousse, bière ou savon à vous de choisir, et lumière tamisée) comme jamais j'ai pu le savourer avant !

 

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Je ne savais pas que les aprem canapé pouvaient être possible, mais devant un dessin animé et sans le bol de lait, et que c'était pas mal aussi.

 

Avant je n'avais pas forcément le goût d'apprécier une journée bien remplie.

Maintenant quand je me couche, j'ai souvent ce sentiment de satisfaction et d'apaisement.

Et j'adore ces moments de discussion avec mon homme avec ce sentiment de plénitude.

 

Je ne savais pas que j'allais avoir autant de responsabilités dans ma vie, et que j'allais autant en avoir peur que j'allais aimer ça.

Pourtant je fais un métier où les gens ont leur santé entre mes mains, des gens que je soigne au quotidien, dont j'ai la responsabilité.

Mais cette "vie" que j'ai mis au monde, et d'une intensité sans fin, et c'est 24h sur 24, 7 jours sur 7 !

 

Avant je ne savais pas que chaque matin j'aurais une raison unique de vivre et d'aimer.

 

Je ne savais pas que ma vie pouvait être aussi différente et enrichissante.

Et que j'aborderais et découvrirais d'autres sentiments, d'autres émotions...

Par exemple je ne savais pas la patience que j'avais en moi, ni même la grandeur de ma force intérieure.

Je ne savais pas le courage que j'avais pour avancer malgré les obstacles, l'adversité, le doute, la peur.

Parce qu'une maman, quand ça tombe, ça doit pouvoir se relever très vite, fatigue ou pas !

 

Je ne savais pas que je pourrais retrouver le regard de mon homme dans les yeux d'un autre.

Et que je pouvais admirer autant quelqu'un devenir papa.

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Je ne savais pas que je pouvais ressentir autant de fierté d'avoir fait quelque chose dans ma vie. Ni même que la perfection existé.

 

Je ne savais pas qu'une telle aventure, qui est celle d'être parent, pouvait me transporter vers des mondes inconnus.

Attention pas des mondes super pourris, non ceux merveilleux, plein de couleur, pas toujours rose c'est vrai, mais des mondes nouveaux, intéressants.

 

Je ne savais pas que j'aurais si peur de mourir.

Ni qu'il y aurait quelqu'un qui aurait plus besoin de moi, que de quiconque sur terre.

Je ne savais pas que je serais si terrifiée de perdre cette personne.

Et je ne savais pas non plus qu'on pouvait vivre avec une telle peur.

 

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Je ne savais pas non plus qu'on pouvait n'avoir aucun regret d'une chose accomplie.

Je ne savais pas qu'il était possible d'être aussi en paix avec un choix, le choix de l'avoir voulu dans nos vies.

 

Je t'aime ma fille !

 

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09/03/2015
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