Le Monde De Lyli

Le Monde De Lyli

Je me souviens avant la parentalité positive

Je me souviens que tu avais 17 mois lorsque j'ai décidé de dire STOP.
Stop aux colères et aux crises que je ne comprenais pas.
STOP à ce stress que je subissais quotidiennement.

STOP à mes cris, mes emportements, mes colères aussi.
J'ai dit STOP à un climat tendu à la maison.

 

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Les premiers mois ont été intenses et très dur (de 0 à 4 mois), avec la découvert de l'allergie alimentaire, le calvaire des coliques, du reflux gastro œsophagien qui t’empêcher de dormir, de sourire et tout simplement de t'épanouir.

 

Après 4 mois est arrivée la reprise du boulot, sans temps partiel.
Très dur, autant physiquement que moralement.
Je n'étais pas prête à te laisser, la reprise a été très violente, bien plus pour moi que pour toi avec super Mamie.

 

Puis sont arrivées les phases de grandes acquissions, tenir assise, le 4 pattes, tenir debout pour marcher et la marche.
Tant d'acquisition qui demande du temps, de l'énergie et de la patience aux parents.

Mais aussi qui chamboule totalement l'enfant, l'excite ou l'angoisse.
Tant de phases difficile pour lui, où il a besoin du soutien et de la sécurité de ses parents.
Et de la patience pour tout ça j'en avais à revendre, mais mon quota quotidien était souvent en pénurie, devant un bébé très vif, très demandeur, très pot de colle, très chouineur, et qui dormait peu.

 

La période la plus difficile (après les 0-4mois) a été celle des 10 à 17 mois.

Surtout pour l'endormissement.

Ce moment entre "la tété qui l'endort" et celui de "je la pose dans son lit car de toute façon elle refuse de dormir dans le notre".

(*Anecdote, à ce jour, du haut de ses 23 mois, lorsque je lui demande si elle veut dormir avec papa et maman ce soir, car elle était malade, elle a préféré dormir dans le lit parapluie à côté de moi)

Comme je disais "ce moment de transition" était le plus difficile.
Il fallait la bercer ou l'endormir totalement avant de penser à la poser.

Et c'était une étape difficile et compliquée, où il fallait parfois batailler pendant près d'1h voir même de 2h.

Car une chose est sûre, même avant la prise de conscience de l'éducation bienveillante, nous avons jamais laissé pleurer notre fille 1 seule minute.

C'était pour nous un crève cœur et irraisonné.

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Donc pendant ces 7 mois, Alycia était une vrai tornade, une tempête qui ne s'arrête que très peu.
En dehors de ça, heureusement c'était (et c'est toujours) un bébé très câlin, très bisous, très tendre, qui a besoin d'amour et nous en redonne beaucoup.

 

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Le sommeil a toujours compliqué en fait, dès la sortie de la maternité, surtout l'endormissement, c'était toujours des crises, des pleurs, des colères pour ne pas dormir ou lutter contre le sommeil.
Bébé qui baille, se frotte les yeux, chute de faiblesse, mais n'arrive pas à s'abandonner au sommeil, donc est sur les nerfs, pleure pour un oui ou pour un non.
On a eu le droit à tout, c'était très fatiguant pour nous.


Alycia était (et est toujours) un bébé très vif, très curieuse, qui s’ennuie vite, qui apprend vite et qui veut constamment savoir, apprendre, découvrir de nouvelle chose.
Alors forcément dormir c'est pas important et pas intéressant pour elle.

D’ailleurs dernièrement, à 23 mois, elle m'a dit à plusieurs reprise "c'est nul de dormir, moi j'aime pas"
Sauf que la demoiselle, quand elle ne dormait pas, c'était la catastrophe.
Elle râlait beaucoup, pleurait, bref elle n'était pas bien.
Elle finissait en fin de journée par nous épuiser littéralement, et la moindre frustration partait au conflit, et finissait par des cris.

On ne trouvait plus aucun répits avec son père, à part pendant les 1h de sieste qu'elle faisait.
Et 1h c'est très très court.

 

Tout le quotidien devenait torture pour moi : un changement de couche, un repas, l'habillage, les sorties en extérieur, les courses, aller chez des amis (bien qu'entourait, Alycia était beaucoup plus facile à vivre). Et les gens nous disaient d'ailleurs que c'était "un amour".

Le truc qui vous fait grave péter une veine dans votre cerveau.

On dit un simple "Merci vous trouvez ?!!", alors qu'on aurait envie de répondre "Ah wouéééé ah wouééé vous la voulez la semaine à la maison pour voir si c'est toujours un ange ma fille ?"

 

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Le temps du changement.
Le jour où j'ai décidé de prendre le taureau par les cornes et de réagir !

De réagir avant qu'il ne soit trop tard pour mon couple, pour ma relation avec ma fille et surtout pour moi.
Alycia était en pleine angoisses de séparation (et autres acquisitions), et je ne répondais pas comme il le fallait à ses besoins, je n'ai pas su l'écouter comme j'aurais du le faire à l'époque, et je n'ai donc pas su la comprendre et agir en fonction de son besoin.
Du coup c'était crise sur crise.

Je me suis donc armée de livres sur l'éducation bienveillante et sans violence d'Isabelle Filliozat, et j'ai trouvé de la force et de l'énergie pour ne pas perdre patience et pour comprendre au mieux les émotions de ma petite puce.

En quelques jours j'avais enfin moins de "cris" dans la maison, ça valait aussi pour moi, qui à bout, poussais bien la gueulante contre une bambine qui criait encore plus fort !

Les angoisses ont été prises à bras le corps.
On a continué à l'accompagner dans son sommeil, ça restait le plus dur à faire.
C'était 17 mois de "dodo" à refaire et revoir.

Il a bien fallu 1 bon mois pour qu'on change notre manière d'être et de faire.


Ça a été un combat contre nous même, nos schémas ancrés en nous, nos anciennes valeurs, nos anciens à priori.
Chaque jour l'éducation bienveillante et sans violence demande une remise en question, une remise à niveau.
Ce n'est pas aisé, ni forcément naturel, surtout quand on connait certaines pratiques.

J'ai de la chance de n'avoir jamais été élevé à la "fessé", sinon je pense que ça aurait été le quotidien de ma fille.

J'ai connu le coin, alors sur quelques mois, ma fille y est allée régulièrement.
On m'avait même dit le fameux "1 an = 1 minute, 2 ans = 2 minutes, 3 ans = 3 minutes"

Ce que j'essayais d'appliquer, mais en vain.

 

Du jour au lendemain, ma fille qui pouvait se retrouver une demi douzaines de fois au coin dans la journée, n'y allait plus.

J'ai changé ma manière d'agir avec elle, tout simplement à me questionnant sur ses besoins liés à sa réaction.
Je me dis souvent cette phrase "Que cherche-t-elle a me dire ?"

 

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Très vite le mieux c'est ressentit aussi pour l'endormissement.
Enfin elle a commencé à s'endormir seule dans son lit, après une histoire, une tété et avec une berceuse et une veilleuse.

Ça a été pour nous la plus belle victoire, pouvoir poser notre amour sans même 1 pleurs dans son lit, et passer une soirée en amoureux sur le canapé ou autour d'un bon repas.
Plutôt que de manger froid, ou de ne plus avoir d’appétit, épuisés.

Elle a fait des progrès fulgurants, elle a su de mieux en mieux exprimer ses besoins, ses envies, car avec mon mari ont y a été plus attentif, plus réceptif et plus compréhensif.
Elle faisait des phrases comme "monsieur yé plus, lé parti" ou "mettre trotro maman teplé" à 18 mois.

La maison est devenue un lieu apaisant (je ne dirais pas reposant, car avec un enfant ça ne l'est jamais), mais j'avais envie de rentrer chez moi le soir après le boulot, chose que je redoutais avant.

Les crises ou les colères ont disparu à 90%.
Ça reste un enfant, et un enfant a aussi besoins de s'exprimer de cette manière.
Tout ce que je peux dire, c'est que les crises qui restent sont canalisées et comprises dans 99% des cas.

Je sais même dire qu'un de mes comportement va engendrer chez ma fille une crise.

Car parfois, je n'ai pas l'énergie d'agir avec attention et bienveillance, et je baisse ma garde.

 

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L'éducation bienveillante c'est faire des efforts en permanences, c'est essayé de comprendre ce qui est incompréhensible. C'est se dire qu'un enfant n'est pas un adulte miniature, mais un être avec sa dimension particulière, c'est des besoins et des comportements adaptés à son âge.

Nous ne pouvons pas agir avec eux juste pour qu'ils aillent dans notre sens.
Je pratique parfois le "lâcher prise", et je vais à son rythme.

Car ce n'est pas à eux de s'adapter à nous adulte, c'est à nous de nous adapter à eux.

Et ce n'est pas facile, loin de là.

Il n'y a ni parent parfait, ni enfant parfait.

 

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La parentalité positive c'est une aventure sans cesse en rebondissement, avec des épreuves fatigantes, périlleuses, difficiles, mais c'est aussi plein de passages heureux, plein de bonheur, de grandeur, de joie, de paix, de liberté, d'envoutement, et surtout de vérités.

C'est un travail sur soi, sur son histoire, sur son passé, sur son enfance.
Afin que nos enfants grandissent dans la vie sans nos fardeaux, nos blessures et nos souffrances.

Je me dis que le travail que je fais aujourd'hui avec mon mari pour notre fille, ça sera du travail en moins pour elle à faire avec ses propres enfants plus tard.

Et ça vaut toutes les peines du monde, toutes les remises en questions, et tous les passages compliqués dans notre vie d'adulte, de fille et de fils, de sœur et de frère, d'épouse et d'époux, de femme et d'homme.

 

La parentalité positive c'est un éclairage sur une communication bienveillante entre adultes et enfants. Apprendre à décrypter les besoins de son enfant c'est quelque chose de primordial (à mon sens), quel que soit son âge. Il y a des stades de développement différent, il faut donc les apprendre, les savoir et les intégrer afin d'apprendre à communiquer avec son enfant et accéder à son besoin, et ainsi apprendre à diminuer les crises ou bien à les gérer et les faire s'atténuer rapidement.

C'est permettre à l'enfant de s'exprimer et de découvrir le monde dans un environnement serein et sécurisant.

 

Quand je vois ma fille qui pouvait crier, se débattre, refuser tout pendant presque 1h, se calmer en quelques secondes, voir quelques minutes car j'analyse la situation et son besoin, c'est impressionnant de vérité.

Et quand parfois c'est quand même la crise, un simple câlin, intense, qui canalise ça change la donne, même si elle se débat.

 

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3 points reviennent souvent dans la parentalité positive :
* Connaître, reconnaître et répondre aux besoins fondamentaux de l’enfant au quotidien
* L’écoute des émotions de l’enfant : connaître le fonctionnement des émotions, pratiquer l’écoute des émotions
* Définir sa manière d’exercer l’autorité et poser ses limites de façon authentique, claire et cohérente

 

C'est la base de l'éducation bienveillante et non violente.

Ça parait farfelu, alternatif, décalé, prout prout, "parents qui veulent se faire chier", "truc qui n'amène à rien", idiot, voir trop compliqué pour être mis en place.
Mais moi je suis convaincue et j'ai foi en cette éducation pour ma fille.

Je sais que c'est adapté à ses besoins, c'est un bébé qui a très vite communiqué avec nous.

Qui parle comme un livre ouvert depuis ses 20 mois.
Qui exprime ses besoins, quels qui soient avec spontanéité, et j'espère que ça continuera ainsi.

 

Ça n’empêche pas les crises et les colères qui vont avec l'âge de son développement, mais c'est des crises que je comprends, que je réceptionne. Je l'accompagne chaque fois dans ces moments où c'est "la tempête" en elle.

Et ça se calme, tout doucement, en douceur. Et surtout rapidement !

Parce qu'il faut bien le dire, quand un bébé pleure ou crise, ce qu'on veut (cause ou pas cause) c'est que ça cesse très vite.

Et puis une maison plongée dans le silence, n'est pas une maison qui vit.
Même si parfois, j'ai bien envie de ce silence, et que j'en profite à fond pendant les siestes.

 

Je me souviens avant la parentalité positive, et je peux vous dire que ça à changer mon quotidien, voir ma vision de la vie.

Depuis 6 mois maintenant que nous mettons en pratique cette éducation, je respire enfin, et je profite de la joie d'être une maman.

 

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40 % des enfants ont un lien d'attachement insécure avec leur parent.
Chez les enfants qui ont un lien d'attachement insécure, on ne parle pas principalement de petits qui ont vécu de la maltraitance ou des abus graves, ou qui vivent dans des contextes aux lacunes extrêmes.
Il est question d'enfants dont les parents n'ont pas su leur procurer un climat de réponses suffisamment chaleureuses, rapides et cohérentes pour que l'enfant intègre un sentiment de sécurité.

Cette triste statistique (40% des bébés ont un lien d'attachement insécurisant avec leur parent) parle bien du besoin criant de notre société de se reconnecter à son instinct parental et de s'appuyer sur de l'information juste en matière de périnatalité et de parentalité et non sur des mythes découlant du folklore populaire et médical du siècle passé.

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//www.alicetrepanier.com/
https://www.facebook.com/alice.trepanier.perinatalite

 

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La Maman de Lyli



24/10/2014
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