Le Monde De Lyli

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Vous avez dit "caprice" ?

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Je parlais de "caprice" dans cet article
C'est quelque chose qui me parle bien, et qui parle bien à tout le monde d'ailleurs.

Déjà parce que la société ne parle que de ça.
J'ai commencé à entendre parler de "caprices" quand Alycia avait 1 mois et demi.
Hurlant à plein poumon dès qu'elle passait 10 seconde seule.
Il fallait tout le temps l'avoir à bras (bon l'histoire je ne vais pas la refaire du pourquoi elle pleurait autant, le reflux gastro œsophagien, l'allergie)

Je veux revenir à ce terme de "caprices".

On nous disait qu'on allait en faire une capricieuse en la portant toujours dans les bras.

Pire parfois on nous disait "vous ne la prêtez jamais, on peut jamais la prendre".
Déjà pour moi ma fille n'était pas un objet qu'on prête et ensuite, c'était tout simplement horrible de la voir pleurer dans les bras des gens, qui au bout de 2min finissaient quand même par nous la redonnait impuissant.

J'avais envie de leur dire "Non non, mais gardez là, vous la vouliez tellement, aller, maintenant qu'elle pleure c'est moins marrant c'est ça ? C'est mieux un bébé qui dort ? Mais ma fille quand elle dort, et bien je la laisse dormir, je ne la "passe pas de bras en bras"

J'avais des envies d'insultes aussi, mais bon, on va mettre ça sous le coup de la chute d'hormone.


Sauf que les gens dans l'histoire, ne se rendaient pas compte à quel point on aurait aimé pouvoir la poser 5min pour souffler, et être heureux de la voir apaisée et tranquille.

Et puis tous ces "gens", savent-ils vraiment ce qu'est un caprice et surtout vers quel âge ça commence ?
Il faut les moyens intellectuels pour le faire, hors, un enfant avant l'âge de 4 ans ne peut y accéder.

Je vais citer Mme Filliozat, qui m'a aidé à y voir plus clair.
Elle m'a aidé à comprendre ma fille, vraiment, sincèrement et ainsi comme elle le dit dans son livre éradiquer ce qu'on appelle les "caprices" depuis qu'Alycia à environ 16/17 mois.

 

Isabelle Filliozat : Un caprice c’est un comportement de l’enfant que l’adulte ne comprend pas. Et donc un caprice, c’est le jugement, l’interprétation, c’est l’étiquette, qu’un parent ou un adulte met sur le comportement de l’enfant qu’il ne comprend pas. Chaque personne va définir tel ou tel comportement comme un caprice, puisque c’est une interprétation du parent. Un enfant ne fait pas vraiment de caprices, nous pensons qu’il fait un caprice parce que nous ne comprenons pas.
Et puis on nous a tellement dit que c’était des caprices, et qu’il fallait se méfier des caprices des enfants, donc on a entendu tout ça, donc on se dit ben c’est vrai, on voit l’enfant qui se roule par terre ou on voit l’enfant qui exige quelque chose, on voit l’enfant qui s’oppose, et du coup on se dit « Ah, ça doit être ça un caprice », on dit c’est un caprice et on cherche à dire « Ah non, tu ne dois pas faire de caprice! » parce qu’en général, face à un caprice on conseille aux parents de poser des limites, de s’affirmer, etc.
C’est sûr que si on pense que l’enfant a une intention négative, a une intention presque perverse de nous manipuler, parce qu’un caprice c’est ça l’idée « il me manipule », il cherche à me dominer, donc du coup si on croit ça, évidemment on s’oppose. L’ennui c’est que du coup, ça fait des sacrés bagarres… et c’est pas vraiment utile.
Un enfant ne peut pas, lorsque nous lui opposons une fermeture ou qu’on lui pose des limites, il ne peut pas se sentir tranquillisé, donc ça augmente son caprice quasi obligatoirement et donc on est dans une escalade jusqu’à se retrouver à crier, hurler, frapper quelquefois.
Et donc cette idée des caprices est vraiment une idée qui n’aide pas les parents.
Les enfants ont réellement des comportements qui nous désarçonnent, ils ont réellement des comportements que nous ne comprenons pas, c’est pour ça que nous avons vraiment besoin d’outils différents et d’arriver à comprendre, mais qu’est-ce qu’il se passe dans sa petite tête…?

 

Qu'est-ce qu'un caprice ?

Pour Isabelle Filliozat, le mot "caprice" correspond à une idée que ce fait l’adulte de quelque chose qu'il ne comprend pas chez son enfant.

C'est l'adulte qui interprète un comportement.

On oublie alors que le comportement de l'enfant, sa manière de réfléchir, de voir le monde est très différent de celui de l'adulte
Isabelle dit "L’enfant n’est pas un adulte en miniature, la construction de son cerveau n’est pas terminée."

En fait, un "caprice" c'est un moyen de communiquer de l'enfant, c'est sa soupape qui lui permet de dire "il m'arrive un truc énoooooormmmeeee là et je n'arrive pas à gérer tout seul, ça me dépasse, c'est trop grand pour mon petit cerveau".

C'est alors à l'adulte d'intervenir. Par l'écoute active, le réconfort, des mots doux et apaisant.

Par le respect de ce qui se passe en lui, de cette situation qu'il n'arrive pas à surmonter.
Il faut faire comprendre à l'enfant qu'il est en sécurité, et qu'on l'aime inconditionnellement, qu'on est là pour lui, pour l'aider à passer ce moment et pour désamorcer la crise.

Isabelle Filliozat apporte une notion fondamentale dans ses livres : l’amour n’est pas une récompense.
Elle explique que beaucoup de chose passe par le jeu, qui est un moyen d'écouter l'enfant, et de créer un lien complice, sécuritaire et accueillant.

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POUR ALLER PLUS LOIN avec cette psychothérapeute :
Voici l'Interviews d'Isabelle Filliozat sur les caprices :

 

Vous y découvrirez:
- que votre vision actuelle du « caprice » n’est peut-être pas la bonne…
- les questions que vous devez vous poser pour comprendre les réactions parfois violentes de vos enfants
- la clef pour mettre un terme à 80% des « caprices » de vos enfants
- comment réagir lorsqu’une « crise de rage » survient
- comment prévenir les « caprices 

 

Interview d’Isabelle Filliozat: Comprendre et éliminer les « caprices »


Voilà déjà bien 6 mois qu'on suit les conseils avisés et qu'effectivement à la maison, il n'y a plus aucun "caprices".
Alors qu'avant c'était très compliqué avec ma puce.

Beaucoup de crises, de colère, pour manger, pour dormir, pour jouer, pour s'habiller.
Tout le quotidien étaient compliqué, tout se finissait en crise, et j'avais à l'époque recours au coin.
Elle passait plusieurs fois dans ce "coin", je criais beaucoup.

C'était devenu invivable, c'est d'ailleurs pour cela que je me suis tournée vers de "l'aide", j'ai fouillé le Web pour trouver des méthodes d'éducation.
Car j'en avais marre de crier, de mettre au coin, de me battre pour tous les actes de la vie quotidienne.
Je rentrais du boulot lessivée, énervée, sans envie réelle de m'affronter aux colères de ma puce.

Et c'est là que j'ai découvert Isabelle Filliozat, j'ai acheté d'abord son livre "J'ai tout essayé"

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J'ai passé 17 mois de confrontation avec ma fille, alors qu'il me suffisait de mieux l'écouter, de mieux la comprendre et d'accueillir ses émotions comme il se doit.
J'ai enlevé de ma tête cette histoire de "caprice", et j'ai essayé d'analyser les situations, de me mettre à sa place de bébé qui grandit et qui se construit.

 

Ma vie familiale a été révolutionné. Nous avons fonctionné autrement, et ça fonctionné bien !

De jour en jour les crises ont diminué de moité, puis au bout de quelques semaines, elles sont devenues rares.
Il y a des périodes où il y en a plus certains jour, la fatigue de Lyli, la mienne...

Mais on arrive à faire des efforts et à désamorcer les crises rapidement.

J'ai appris aussi qu'on était responsable de la majorité des crises de nos enfants.
Notre comportement, nos propos, nos actes agissent directement sur leur comportement à eux.

C'est confirmé ici, si je ne fais pas l'effort dans ce que je dis, ou dans mes actes, c'est la crise assurée.


Exemple du jour, elle jouait avec mon téléphone, je lui ai retiré des mains en disant un simple "non ne touche pas s'il te plait" !
Et de suite, les gros sanglots, les pleurs. Elle était dans mes bras donc elle ne s'est pas roulée par terre, mais elle l'aurait fait sinon.
Je savais que ça allait induire ce comportement chez elle, mais des fois, par moment les vieilles habitudes reviennent.
Je l'ai alors serré contre moi, elle a posé sa tête sur mon cœur, et a pleuré à chaudes larmes.
J'ai accueilli ses sentiments et lui ai dit

"Je sais ma chérie, maman t'a enlevé le téléphone et toi tu es très triste, car tu voulais jouer avec, je comprends"

Et au bout de 30 seconde elle s'est apaisée d'elle même, je n'ai fais que la serrer, lui caresser le dos et lui déposer des bisous sur la tête.

Il y a 6 mois, ça aurait été une tempête qui m'aurait épuisé, elle aurait pleuré pendant de longues minutes et j'aurais fini par m'énerver
"Mais mince quoi c'est juste un téléphone !" (en fait j'aurais dit "merde" et pas mince dans la colère...)

Aujourd'hui je me dis simplement qu'elle voulait l'avoir, elle ne sait pas elle, qu'elle peut le faire tomber et le casser, et puis il est juste là, sous ses yeux, il est attirant et en plus elle aime les photos qu'il y a dessus. Je lui prends des mains sans rien lui expliquer, elle ne comprend pas. Ce n'est pas juste, elle voulait juste regarder les photos, pas le casser.

 

Dans son livre Isabelle nous donne les pistes pour prévenir de ces crises :

- Son réservoir d'amour est-il plein ?

- Les mots d'amour

- Le temps partagé

- Le contact physique (embrasser, câliner, toucher, caresser)

 

Elle explique aussi et je la cite :

 

Est-ce un caprice ? Comment en avoir le cœur net ?
Pour vérifier si votre enfant est susceptible de vous mener en bateau, un petit test simple : Votre petit a probablement dans ses jouets un cube ou une plaque avec des trous dans lesquelles se glissent les formes correspondantes. Montrez-lui donc deux ouvertures, par exemple triangle et rond, et présentez -lui une forme, par exemple le triangle.
Demandez-lui alors dans quel trou va cette forme. La plupart des 20 mois font le choix au hasard. A 40 mois, ils insèrent le triangle dans son trou dans 85% des cas. Même à cet âge, la bonne réponse n'est pas constante. Ce n'est qu'après 4 ans, pour l'immense majorité des enfants, qu'il réussiront à tous les coups, car réussir cette tâche nécessite de pouvoir conserver 3 items à la fois dans la tête.
Tant que l'enfant doit tester en tentant de faire entrer la forme dans le trou et échoue à vous indiquer verbalement quelle forme va dans quel trou, il est tout à fait incapable de faire un quelconque caprice.

 

J'entends un peu partout que cette méthode éducative est trop laxiste et qu'on en fait des enfants roi.
Je ne suis pas convaincue du tout, et bien au contraire.
Je vois ma fille très sociable, polie, attentionnée.

Et je vois surtout mon quotidien et le sien paisible, harmonieux, et plein de douceur.

Elle reste une enfant et cette méthode n’empêche pas les crises, mais permet de les comprendre et de les désamorcer rapidement.

Elle permet aussi et surtout de les éviter dans 80% des cas.

Je ne vis plus du tout le même quotidien qu'il y a 6 mois.
Les échanges et les interactions avec ma fille sont différents.

On communique.

Avec cette méthode ma fille ne fait pas non plus "ce qu'elle veut", comme j'ai entendu.

On lui apprend les limites, la frustration qui sont aussi très sain, mais tout cela est fait dans une démarche d'accompagnement, de respect, et d'amour inconditionnel.

On réceptionne ses sentiments, on l'aide à gérer ses tempêtes émotionnelles et on lui apprend à se gérer, se réguler.

On l'accompagne, on l'écoute.

Et parfois j'ai juste envie de répondre aux gens, ce que cette image fait très bien pour moi :

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Donc à chacun sa manière d'éduquer son enfant, mais qu'on ne vienne pas juger ma manière de faire.

Tant qu'on le fait dans le respect de l'enfant, de ses sentiments et qu'on l'accompagne dans ses émotions.

Et surtout que chacun y trouve son compte.

Ici ma fille évolue de manière significative à ce respect que je lui dois.

 

Liens :

- //www.leo-melrose.com/interview-isabelle-filliozat-comprendre-eliminer-caprices/

- //www.ensemblenaturellement-leblog.com/



20/09/2014
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