Le Monde De Lyli

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La motricité libre c'est quoi ?

Qu'est-ce donc que ce mot ?

 

Est-ce encore une nouvelle lubie, comme l'allaitement, la maternage proximal ?

Pas du tout, j'ai découvert la motricité libre malgré moi.

Mon bébé étant un bébé souffrant de R.G.O, elle a été que très peu dans un transat, chaise haute, poussette, ou bien parc.
Elle a su nous dire la position qui lui faisait du bien, où elle se sentait soulagé de ses remontées acides.

Impossible de la mettre dans un transat, une poussette...

Et quand elle a pu, en grandissant, on la laissait vaquer à ses besoins, car on était tout simplement trop heureux de voir qu'on pouvait la laisser évoluer sur un tapis d'éveil sans qu'elle pleure et hurle à plein poumon.

 

Ceci dit cela n'explique pas le principe de la motricité libre.

La motricité libre est l'un des trois fondements de la théorie éducative d'Emmi Pikler.

Emmi Pikler est née en 1902 à Vienne (ça ne date donc pas d'aujourd'hui la motricité libre) et elle morte en 1984. C'est une médecin pédiatre hongroise.

 

Pour citer son association Pikler-Lóczy :

Très tôt, Emmi Pikler avait pressenti que le nourrisson, pour prendre, garder, ou abandonner les différentes positions du corps, pour changer de posture ou se déplacer, ou encore pour apprendre à se mettre debout et à marcher, n'avait aucun besoin de l'intervention de l'adulte, que l'enfant passif devenait une personne active de même qu'elle doutait que cette intervention puisse accélérer le développement du nourrisson. Et d'ailleurs, si tel était le cas, elle ne pensait pas que cela constituait un avantage au point de vue de son mode de vie et son développement.
            Elle fondait ses opinions non seulement sur ses expériences professionnelles, mais aussi sur les idées de son mari pédagogue progressiste. Lors de la naissance de leur premier enfant, au début des années trente, elle décida de ne pas hâter son développement, de respecter son rythme individuel et de lui assurer, dès le début, la possibilité de prendre des initiatives, de se mouvoir librement et de jouer à sa guise. Ses parents ne placèrent jamais l'enfant dans une posture qu'il n'était pas encore capable de prendre ou d'abandonner tout seul, ils ne lui firent jamais faire de mouvements divers et ils s'abstinrent d'exercer une influence directe sur son développement moteur. En revanche, ils créèrent les conditions lui permettant de vivre dans la sérénité et l'harmonie, lui assurant l'espace nécessaire aux mouvements libres, et même un peu plus que ce dont il était capable de profiter ; ils veillèrent à ce que les vêtements ne l'empêchent pas de poursuivre ses activités, à ce que ses jouets, dont il se servait sans l'aide de quiconque, lui offrent des expériences adéquates, enfin à ce que, tout en se sentant entouré des soins affectueux de ses parents, il ait envie d'essayer toutes sortes d'activités et de connaître le monde et lui-même.
            Naturellement, Emmi Pikler ne se serait jamais décidée à tenter cette expérience si elle n'avait pas été convaincue de la justesse de son hypothèse ; elle estimait que, dans de telles circonstances, l'enfant qui suit son rythme propre et fait ses propres expériences, est capable de mieux apprendre à s'asseoir, se mettre debout, marcher, jouer, parler, réfléchir, etc. que celui que l'on incite à atteindre les différents stades de développement que les adultes estiment correspondre à son âge.

 

Emmi Pikler a rassemblé l'expérience de toutes ces années dans son premier livre " Que sait faire votre bébé ? " dont dix éditions ont été publiées en Hongrie et à l'étranger. En Allemagne, le titre en est "Nourrissons paisibles, mères satisfaites" !
Cet ouvrage (épuisé dans sa traduction française) est illustré de "nombreuses photos qui témoignent de ce que l'enfant est capable de faire par lui-même, avec intérêt et efficacité, tout en étant paisible et gai"
1970 - Épuisé ; diffusion sous forme de polycopiés en accord avec les éditions PUF

 

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Emmi Pikler pouvait constater que les enfants étaient généralement gais, curieux, vifs et actifs, qu'ils se développaient harmonieusement et que leurs rapports avec leurs parents et leur entourage étaient bons.

 

Quant aux parents, eux aussi étaient contents. [...]
Ils étaient convaincus du bien-fondé de ses idées et constataient que leur enfant acquérait des expériences intéressantes, sans que leur intervention, au cours de ses activités indépendantes : ils ne pensaient pas que, pour pouvoir se considérer comme de bons parents, ils devaient toujours être à proximité de leur enfant, ni qu'ils étaient obligés de faire tout le temps quelque chose avec lui.

 

Les enfants qui sont absorbés par leurs essais et leurs activités indépendants, n'exigent pas de leurs parents qu'ils soient présents en permanence, qu'ils participent à leurs activités, les distraient ou les aident continuellement puisque, même sans eux, ils ne se sentent pas impuissants.

 

Les parents, à leur tour, constatant l'activité sereine et indépendante de leurs enfants et conscients de la valeur de cette activité, peuvent sans sentiment de culpabilité, s'occuper d'autre chose, de leur passe-temps, par exemple, tout en restant évidemment à portée de vue et de voix . Ils ne se sentent pas esclaves de leurs enfants et ne le considèrent pas comme leur jouet. Ils trouvent plaisir à observer son activité et son développement, sont heureux en sa compagnie et dans leurs rapports avec lui. Ils attendent avec impatience le moment de se retrouver ensemble et si l'enfant essaye de prolonger ces moments en jouant, les parents ne considèrent pas cela comme de l'agressivité ou un comportement agaçant.
Les " enfants Pikler " d'autrefois ont grandi depuis longtemps et ont prouvé, par leur vie, leur travail et, ce qui n'est pas le moins important, l'éducation qu'ils donnent à leurs enfants et leur comportement de parents, que l'aide que leurs propres parents avaient reçue avait été bénéfique.

 

En 1970 :
· Publication d'un manuel pour la formation des nurses appelé "Le livre bleu".

· Publication du livre d'E. Pikler "Se mouvoir en liberté dès le premier âge", compte-rendu de ses travaux de recherche sur le développement moteur (voir plus loin dans extrait " Recherche sur la motricité ")

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En clair :

 

La liberté motrice consiste à laisser libre cours à tous les mouvements spontanés de l'enfant, sans lui enseigner quelque mouvement que ce soit.

Le nourrisson sera toujours posé sur le dos tant qu'il ne sait pas, de lui-même, se tourner sur le ventre. Cette position sur le dos est celle qui permet le plus de détente (absence de tension pour soutenir sa tête) et le plus de possibilités d'activités propres à cet age (tourner sa tête, mouvoir ses jambes, ses pieds, ses bras et ses mains, bouger son tronc). Un enfant ne sera jamais mis dans une position qu'il ne sait déjà prendre de lui-même (on ne le mettra pas assis, ni debout avant qu'il ne le fasse de lui-même), on ne lui apprend pas à acquérir ces postures : il les découvre de lui-même, à partir de sa maturation neurologique et au gré de ses intérêts et de son désir d'expérimenter un nouveau mouvement. L'enfant essaie de nouveaux exercices, non pas poussé par un adulte qui attendrait de lui performances et précocité, mais parce qu'il se sent prêt à explorer une nouvelle possibilité, il en a envie et s'en perçoit capable.

Bien sûr, pour que l'enfant puisse développer sa motricité, un certain nombre de conditions sont nécessaires :

* Une relation harmonieuse et porteuse de sens avec les adultes qui prennent l'enfant en charge
* Des conditions matérielles, telles qu'un espace suffisant, un environnement riche et varié qui donne envie d'agir, des vêtements adéquats qui n'entravent pas les mouvements. De même, un enfant n'est jamais immobilisé dans une chaise, par exemple, ou gêné dans ses mouvements par un babytrot
* Au cours des contacts avec l'adulte, des " conditions posturales " évitant de provoquer, de manière répétitive, des crispations de l'enfant (manière de le prendre pour le soulever, de le tenir, de le porter, de lui donner des soins…)

Source : //www.pikler.fr/index.php

 

En image voilà ce que ça donne :

Les fiches qui suivent sont tirées du blog : //bougribouillons.illustrateur.org/

 

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J'en profite aussi pour parler du fameux "trotteur" ou "Babytrot"

Cet objet où l'on met les enfants dedans pour qu'il roule dans l'appartement/maison.
Je me suis toujours jurée de jamais en acheter car j'en avais entendu que du mal.

Beaucoup de chute à l'apprentissage de la marche, chute dans les escaliers avec le trotteur, enfants brûlés car ils foncent dans les tables où les bols et tasses à café tombent, voir dans les table à repasser avec le fer brûlant.

Mais aussi mauvaise position des hanches, flexions extrême, des pieds en équin quand le trotteur est mal réglé.
Bref j'ai jamais voulu en avoir un, et Dieu merci je n'en ai pas reçu en cadeau.

J'avais peur aussi de m'en servir comme "facilité", mettre le bébé dedans pour éviter de me casser le dos à devoir donner la main par exemple, où ainsi être tranquille un moment, bébé roulant au grès de ses envies.

 

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Ma puce a grandit, elle a évolué à son rythme, 4 pattes à 8/9 mois

Marche acquise 7 jours avant ses 1 an.

 

Aujourd'hui, elle adore grimper, sauter, monter sur des parcours de motricité, les escaliers, les sols mous ou durs.

Du coup à la maison, on improvise avec les coussins du canapé.

Voilà ce que ça donne en image :

 

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La maman de Lyli



16/09/2014
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